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L’accident
au Lycée Polytechnique de Flacq souligne la nécessité de définir des
normes d’installation électrique plus sûres.
Le
décès par électrocution du jeune Billy Joe Trousquin au Lycée
Polytechnique Guy Forget remet en question les normes des installations électriques
à Maurice.
C'est
un secret de Polichinelle.
La plupart des installations électriques dans les maisons mauricienne
sont effectuées par des électriciens du dimanche. Et dans de nombreux
cas, certaines personnes préfèrent jouer au bricoleur au lieu de faire
appel à des professionnels. Surtout que ces derniers ne courent pas les
rues et que la note qu'ils réclament pour leurs services est bien souvent
salée. "Pour placer quatre ampoules et trois prises, un électricien
réclame au minimum Rs 4 000. C'est cher payé surtout lorsqu'on a déjà
investi des centaines de milliers de roupies dans la construction d'une
maison. Je préfère fixer mes points électriques moi-même,"
commente Anwar, un maçon de la capitale. En l'absence de normes strictes,
les installations électriques se font donc au petit bonheur. Idem pour
celles réalisées dans les petits commerces. D'où les accidents parfois
mortels.
Depuis le début de l'année, on a recensé une demi-douzaine de cas. Et
90 % des accidents surviennent en raison de l'absence d'un disjoncteur
différentiel (earth leakage).
Celui-ci est en principe placé dans une boîte de distribution qui
canalise le courant électrique vers les divers équipements et prises de
la maison.
Cet appareil, qui coûte environ Rs 800, interrompt le courant lorsqu'il détecte
une variation électrique de quelques milliampères dans le circuit.
Par exemple, en cas de surcharge alors que vous utilisez votre douche électrique,
le disjoncteur se déclenche et coupe la fourniture électrique.
Un
disjoncteur pour sauver la vie
"Les gens ne pensent qu'en termes d'économie alors que quelques
centaines de roupies de plus représentent un investissement pour la sécurité.
Un disjoncteur efficace peut vous sauver la vie en une fraction de seconde",
explique Eddy Astruc, directeur général du Central Electricity Board (CEB).
A ce jour, seuls les grands centres commerciaux, les usines et les
immeubles de plusieurs étages respectent une certaine norme de sécurité.
Idéalement, celle-ci aurait dû être imposée à toutes les
installations domestiques.
Mais la loi ne prévoit rien à ce sujet. L'Electricity Act, qui date de
1939, n'est que le reflet d'une loi qui existait à l'époque en Grande-Bretagne.
Depuis les techniques ont évoluées. Et comme le fait remarquer Eddy
Astruc, il est grand temps que cette loi soit amendée afin que les normes
plus sûres soient établies pour tous.
Cela forcera les membres du public à installer dans leur demeure des équipements
qui limiteront les risques d'accidents et les obligera à faire appel aux
services d'un électricien qualifié.
Si des normes sont imposées, l'électricien qui aura procédé à une
installation devra délivrer un certificat garantissant la qualité et la
conformité du travail réalisé aux normes.
Car il est un fait que nombre d'électriciens n'effectuent pas de tests
pour vérifier si leur installation ne connaît pas de pertes et si leur
prise de terre est efficace.
Cette question de normes pour les installations domestiques ne date pas
d'hier. Il y a huit ans déjà, le Mauritius Standards Bureau avait rédigé
un rapport à ce sujet. Depuis ce document dort dans les tiroirs.
L'idée d'édicter des normes d'installation et de mettre en place un
« code of practice » à l'intention des électriciens était
un rêve que caressait dès 1964 un ancien directeur général du CEB. Vu
le contexte de l'époque, ce projet n'eut aucune suite.
Et ce n'est que depuis quelques années que l'Industrial and Vocational
Training Board dispense des cours de formation au métier d'électricien.
A ce jour, plus de 600 ont été formés par cet organisme.
Vel
MOONIIEN
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