|
|
|
|
|
|
Voting
|
Mauritian Internet
What do you think about internet in
Mauritius?
Click
to vote
|
|
|
September, 11
2001 - Port-Louis, Mauritius, Indian Ocean
|
|
|
Les
produits dits biologiques sont aussi chers aux écologistes qu'ils sont coûteux
pour le consommateur. Ils arrivent dans nos supermarchés.Yaourt, jus de
carotte, jus de pruneau, et café bios revendiquent aujourd'hui leur place
dans les rayons des supermarchés mauriciens. Mais pour la plupart, ils sont
hors de portée de la majorité des consommateurs et coûtent en moyenne
trois fois plus cher qu'un produit courant. À titre d'exemple, un litre de
cocktail de jus de légumes bio est à Rs 128.50. Le jus de pruneau bio est
à Rs 160. Ces produits sont souvent importés de France et ceux qui les achètent
sont des consommateurs dont le pouvoir d'achat est très élevé, disent les
responsables des supermarchés.
Bio, ou biologique,
signifie cultivé et commercialisé sans aucune utilisation de pesticides et
d'engrais chimiques. Cela n'a rien à voir avec les Organismes génétiquement
modifiés (OGM). Ces produits ont été mis à la mode par les écologistes,
pour lesquels cette culture de type moyenâgeux est en harmonie avec
l'environnement. Celui-ci est aujourd'hui très exposé aux produits
chimiques.
Maurice a pourtant bien réalisé
des recherches sur la culture biologique. Des produits bios 100 % mauriciens
ont même été mis sur le marché, mais ils ne sont pas rentables. Jean
Cyril Monty, le responsable du département de diversification agricole de
la Chambre d'agriculture explique la réalité de la culture bio. Ce type de
culture nécessite de grands espaces car "le rendement est inférieur
de 50 % du fait qu'on n'utilise pas d'engrais chimiques. En outre, il faut
davantage de main d'œuvre".
La sucrerie Mon-Désert-Alma
cultive, par exemple, des laitues, des tomates, et des courgettes
hydroponiques bios, mais elles sont destinées à la consommation locale.
Par contre, le miel et le limon de Rodrigues sont des produits bio très
prisés à Maurice.
Les États-Unis sont les
plus gros consommateurs au monde de produits bios, avec 20 milliards de
dollars dépensés chaque année pour ces derniers. Les plus gros
producteurs sont l'Amérique du Sud, puis l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne,
et la France. Autrement dit, la compétition fait rage.
Le seul secteur où
Maurice a fait une percée mondiale au niveau des produits bios, c'est dans
le sucre. Pendant les neuf dernières années, Maurice a exporté au moins
10 000 tonnes de sucre organique par an dont le coût de production est
beaucoup plus élevé que le sucre produit à base d'engrais chimiques. Mais
aujourd'hui l'exportation de ce sucre est devenue très difficile.
Le Dr René Ng Kee Kwong,
chimiste au Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) précise que
son Institut a réalisé de fructueuses recherches sur la canne bio. Des
engrais naturels, comme la vinasse, ont été utilisés à la place des
engrais chimiques. Pour remplacer les pesticides, utilisés notamment contre
les poux à poche blanche, le Centre de recherches a favorisé la prolifération
de certains types d'insectes, nuisibles à ces poux mais pas à la canne.
Le Dr Ng Kee Kwong
souligne cependant qu'il est faux de croire que tout ce qui est traité par
des produits chimiques est mauvais pour la santé.
Bernard
SAMINADEN
|