
|
|
|
|
|
The Mauritius Yellow Pages News - Le tourisme sur une mauvaise pente |
|
Mauritius News in French and English |
|
|||||
| Our site has been optimised for IE 5+ and is best viewed in 800x600 in medium font and Java enabled | ||||||
| Le tourisme sur une mauvaise pente | ||||||
|
Posted to the web June 06, 2001 |
||||||
|
June 01, 2001 - Port Louis, Mauritius, Indian Ocean |
||||||
|
L’industrie touristique n’aurait pas aussi
bonne mine qu’elle en a l’air. Arnaud Martin, directeur commercial du
groupe hôtelier Sun International, tire la sonnette d’alarme après
analyse de la performance de ce secteur durant le premier trimestre 2001.
Il vient de transmettre ses préoccupations au ministre du Tourisme.
Qu’est-ce qui motive votre initiative ? – J’estime qu’il est de mon devoir d’attirer l’attention des décideurs quand les choses prennent une mauvaise pente. C’est très bien de soigner l’offre. Mais il faut avant tout créer la demande. Et sur ce plan, nous vivons actuellement un ralentissement. A quoi se vérifie un tel constat ? – Les statistiques de l’Office du Tourisme sont parlantes. Maurice a accueilli 170 530 touristes au cours du premier trimestre. Soit, 1,7 % de plus que durant la même période l’année dernère. L’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île (AHRIM), elle, estime qu’une hausse de 11 % est nécessaire pour équilibrer la capacité d’accueil de l’industrie, qui augmentera de 6,5 % cette année pour atteindre la barre de 9 223 chambres. L’AHRIM prévoit en 2002 une croissance de 14 %, soit une capacité de 10 493 chambres. La croissance a donc été inférieure à plus de 80 % à la projection de l’AHRIM. Comment interpréter ces résultats ? – Ces résultats témoignent d’un essoufflement de notre marché traditionnel, l’Europe. Les économies européennes ont à ce jour connu une performance bien en dessous des prévisions. Ce ci est démontré notamment par la faible valeur de l’euro. Que préconisez-vous pour redynamiser la demande ? – On ne le dira jamais assez, l’industrie doit impérativement diversifier vers des marchés porteurs, monnayés en dollars. Une seule région émerge à mes yeux comme ayant le potentiel pour permettre au tourisme mauricien de se maintenir à flot : le Moyen-Orient. Et la voie qui s’offre à nous pour y accéder n’est autre que les Emirats Arabes, car il est évident que la population de ces pays détient un très fort pouvoir d’achat. On peut s’étonner que Maurice n’ait pas encore pénétré les Emirats Arabes. Depuis le temps qu’on en parle... – C’est l’accès aérien qui a toujours posé problème. Les autorités ont mis du temps à comprendre que c’est l’accès aérien qui motive la demande. Pourtant, cela fait deux ans au moins qu’on en parle. En septembre encore, les consultants de Deloitte & Touche ont souligné dans leur projet de Master Plan pour le tourisme, l’importance pour nous d’accéder aux marchés du Moyen-Orient. Air Mauritius a annoncé pour novembre l’établissement de la liaison avec Dubayy. Quelle est la prochaine marche à suivre ? – Mieux vaut tard que jamais. Il y a eu assez de rapports et de comités. Il est temps d’agir. Une fois la liaison aérienne établie, on pourra mettre toute la machinerie de marketing en branle. Sun International n’a toutefois pas attendu ce moment. Nous sommes déjà aux Emirats Arabes et je peux assurer qu’on aura notre part de ce marché. Mais en attendant que tout cela puisse se faire, je crains fort que l’industrie aura à subir le ralentissement induit par les conditions de marché en Europe. Il est essentiel que les autorités mauricienes se penchent sérieusement sur la demande d’Emirates Airlines d’opérer 3 vols par semaine sur ce secteur, car cette compagnie a, de par sa colossale structure, les muscles voulus pour pénétrer rapidement ce marché. Même sans les Emirats Arabes, Sun International s’est plutôt bien tiré d’affaire durant ce premier trimestre. Comment l’expliquer ? – Nous avons osé prendre des risques, notamment en diversifiant nos marchés et en nous désengageant d’investissements qui ne rapportaient pas. Il en a été ainsi du Galawa Resort aux Comores. Mais surtout, nous avons des produits de très grande qualité qui nous assurent une très forte fidélité de la part de la clientèle. Pour autant, nous n’avons pas été épargnés par le ralentissement. Nous avons perdu trois points dans notre taux de remplissage durant ce premier trimestre. Ne craignez-vous pas d’être accusé de pessimisme ? Après tout on en a connu des ralentissements dans le passé et cela n’a pas duré. – Je ne suis pas pessimiste, je suis réaliste. L’industrie a effectivement subi plusieurs ralentissements dans les années 90. Et on en connaît les résultats. Les projets de nouveaux hôtels ont été gelés. Les opérateurs existants ont enregistré des chutes de revenus et une guerre des prix s’en est suivie. Certains établissements ont même dû vendre. Si on ne fait rien maintenant, le scénario risque de se répéter. Les résultats du deuxième trimestre seront très probablement similaires sinon pires que le premier. Il y aurait fort à parier qu’on terminera l’année sur une maigre croissance de 3 %. L’industrie touristique aura donc été un mauvais pari pour la création d’emploi et de richesse dans le court et à moyen termes ? – Pas du tout. Mais pour que le secteur puisse accomplir ce à quoi on le prédestine, les autorités devront prendre les bonnes décisions stratégiques. Il faut rester focussed et dynamiques. Source |
||||||
|
|
|
|