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The Mauritius Yellow Pages News - Question à John Cheung, Project Manager à Nortel Networks |
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| Le retard de Maurice en technologie informatique est rattrapable | ||||||||||||||||||||||||||||||||
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Posted to the web on September 18, 2001 |
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September, 18 2001 - Port-Louis, Mauritius, Indian Ocean |
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Les nouvelles technologies sont une voie de sortie pour Maurice. John Cheung présente l'e-stratégie au Labourdonnais cet après-midi. Il est aussi le créateur du "Mauritian Expatriate Resource Network" Il y a un an, vous présentiez le "Mauritian Expatriate Resource Network". Où en est le projet ? Le Mauritian Expatriate Resource Network (MERN) a été conçu l'an dernier. Je travaille sur ce projet avec Straconsult, l'entreprise d'Amédée Darga. L'objectif est de constituer une base de données des professionnels mauriciens travaillant à l'étranger. Nous avons déjà complété la première phase en créant notre site web (www.mern-mauritius.com). Les Mauriciens établis à l'étranger qui veulent mettre leurs compétences au profit du pays peuvent donc avoir accès à ce site et s'enregistrer en ligne. Cette base de données est également accessible aux organismes mauriciens recherchant des compétences dans des secteurs spécifiques. Ils peuvent trouver des fils du sol comme consultants. Pourquoi employer des étrangers alors que des Mauriciens tout aussi qualifiés peuvent faire le même travail ? Et comme l'Internet a révolutionné la façon de travailler, il est maintenant possible à ces personnes de travailler pour des entreprises mauriciennes sans avoir à bouger de leur pays d'adoption. Quelle a été la réaction des professionels mauriciens ciblés ? Elle a été bonne, surtout quand on sait qu'il n'y a pas eu de battage médiatique autour du MERN. Nous avons créé la banque de données, puis installé le site web. A l'heure actuelle, une centaine de personnes sont enregistrées. Le nombre augmente de jour en jour car notre publicité se fait surtout de bouche à oreille. Du moins pour l'instant. En deux mois, le site a été visité par plus de 400 personnes. Ce qui n'est pas mal, vu sa nature particulière. Notre but est d'étendre la banque de données. Ensuite, nous comptons offrir des services additionnels payants. Par exemple, dans quelque temps, nous agirons comme consultants auprès des professionnels mauriciens qui veulent s'établir à l'étranger ou retourner à Maurice. Nous utiliserons notre expérience et nos contacts pour les aider. Cet après-midi, vous parlerez d'e-stratégie. C'est quoi au juste ? L'e-stratégie signifie différentes choses pour différentes personnes. C'est un des buzzwords du moment, mais il est essentiel d'en parler au sens large. La stratégie électronique est bâtie sur les dernières technologies. Ici, on parle surtout des technologies de l'information et de la communication (TIC). Avant d'évoquer la stratégie, il faut s'assurer que la base existe et qu'elle est bonne. Sinon, la transition de la vieille à la nouvelle économie ne se fera pas convenablement. En bref, l'e-stratégie est le Net Economy allié aux dernières technologies. Les TIC représentent l'avenir, mais cela ne sert à rien de s'aventurer sans savoir où on va. L'e-stratégie permet d'atteindre des objectifs. Pourquoi Maurice a-t-elle besoin d'une e-stratégie ? Il faut avant tout faire face aux réalités. L'agriculture, notamment le sucre, dégringole. Le textile se retrouve dans de beaux draps et la chute continue de l'euro n'arrange pas les choses. Le tourisme est en croissance mais elle est limitée par la taille du pays. Il ne reste plus que les services financiers et les TIC. Maurice n'a pas d'autre choix que d'investir dans les nouvelles technologies. Nous devons nous fier aux solutions électroniques, mais il faut y penser de manière plus approfondie. Il est essentiel d'avoir une stratégie qui englobe tout, y compris le cadre légal. C'est un fait que nous n'allons nulle part avec les piliers économiques actuels. Les TIC représentent la porte de sortie. Comment évaluez-vous Maurice au niveau de l'e-stratégie ? L'e-stratégie se mesure à quatre niveaux : l'État, les entreprises, les foyers et l'individu. Je pense que le gouvernement va dans la bonne direction. Son initiative de faire de Maurice une cyberîle mérite d'être saluée. Je suis confiant que le pays atteindra cet objectif, même si cela pourrait prendre du temps. Le développement de la cyberîle se fait avec l'expertise indienne mais le jour viendra où les sociétés américaines s'implanteront ici. On saura alors que la cyberîle est un succès. En attendant, les TIC constituent un des rares moyens existants pour absorber le chômage et créer des emplois. Les centres d'appels, par exemple, sont de gros employeurs de ceux qui aiment le travail à col blanc. Il faut également voir l'impact indirect que générera l'envolée des TIC pour les autres secteurs, notamment l'hôtellerie, le commerce... N'est-ce pas un peu tard pour se lancer dans les TIC ? En fait, Maurice a perdu du temps et il faut aller très vite. Il y a cinq ans, un rapport incitait Maurice à se lancer dans les TIC, mais rien n'a été fait. Cinq ans sont énormes dans les milieux informatiques. Il faut sprinter maintenant... Le retard de Maurice en technologie informatique est rattrapable. Les nouvelles technologies sont peut-être à la mode, mais il y a quoi après ? On ne l'a pas encore inventé alors allons y pour les TIC... Qu'en est-il de l'aventure électronique au niveau des entreprises ? La nouvelle tendance veut qu'une entreprise utilise une suite de produits qui lui permet de lier le fournisseur du fournisseur au client du client. En ce moment, il est essentiel de faire du supply chain management, qui implique une gestion des ressources de l'entreprise et des relations clients. C'est un gros travail. Cela prendra du temps avant que les grandes sociétés mauriciennes puissent informatiser toutes leurs opérations comme il se doit. Mon conseil est de choisir un fournisseur de services informatiques et de télécommunications et de lui jurer fidélité. Dans les grandes sociétés, il faut également se débarrasser des vieilles habitudes. Au Canada comme ailleurs, les gens sont réticents au changement. La formation est utile mais il faut avant tout démontrer au personnel à quel point l'introduction des nouvelles technologies leur est bénéfique. Il ne faut pas se leurrer : la situation économique mondiale n'est pas brillante et les entreprises mauriciennes en ressentent déjà les secousses. Elles ont besoin d'un nouveau souffle. Les nouvelles technologies peuvent réduire les coûts tout en améliorant les relations avec la clientèle. Ce qui n'est pas toujours à la portée des petites et moyennes entreprises... C'est vrai que les pmE ne peuvent s'acheter des applicatifs qui coûtent très chers. Les développeurs de logiciels en sont conscients. Ils offrent des forfaits qui permettent à une PME d'informatiser toutes ses opérations : comptabilité, gestion des stocks et du personnel... De toute façon, une entreprise peut avoir accès à des applicatifs performants sans les acheter. Elle peut les louer d'un Applications Service Provider, un concept qui prend de l'ampleur à Maurice. Comment impose-t-on l'e-stratégie au niveau résidentiel ? L'Internet a permis l'émergence des Home-grown businesses. Tout le monde peut avoir pignon sur rue quand il s'agit du web. Les grandes et les petites sociétés sont sur un pied d'égalité. Elles ciblent toutes un marché global où le critère qui fait la différence est la créativité. Si l'Etat arrive à concrétiser son projet de cyberîle, les Mauriciens pourront mettre leurs entreprises sur la toile. L'e-commerce ne semble pas être taillé pour les Mauriciens... L'e-commerce ne fait que débuter. Il n'est pas encore un succès dans les pays industrialisés mais il suffit d'être patient. Dès qu'il y aura des normes pour le commerce électronique et que les gens seront rassurés au niveau de la sécurité de la transaction en ligne, ce sera l'explosion... Toutefois, le B2B (Business to Business) est déjà un phénomène courant à travers le monde. Maurice semble désavantagée de par son isolement des marchés européens et américains. A moins de se concentrer sur l'offre de services. Et l'individu dans tout cela ? Au niveau individuel, l'avenir appartient aux jeunes. Ils sont déjà familiers avec les nouvelles technologies : e-mail, Internet, Short Message Service (SMS)... La technologie leur semble naturelle et tant mieux ! Il faut toutefois faciliter l'accès aux nouvelles technologies. Il faut viser un stade où un ordinateur, l'accès à l'Internet et le courrier électronique seront offerts gratuitement aux consommateurs. Les prix doivent baisser. La libéralisation de l'accès à l'Internet est une bonne chose. Espérons qu'il coûtera moins cher. En 2003, Mauritius Telecom ne sera plus en situation de monopole et les tarifs devront baisser... La formation est également très importante. Il faut pousser les jeunes à entrer dans ce créneau. Les TIC créeront de l'emploi. Nous aurons besoin d'une main-d'oeuvre étrangère pour démarrer mais il faut que les Mauriciens prennent le relais. Maurice a une population vieillissante. Quelle e-stratégie pour les moins jeunes ? Il faut leur démontrer ce que les nouvelles technologies peuvent faire pour eux. C'est vrai que le PC, dans sa forme actuelle, intimide beaucoup de gens. Il faut donc penser à de nouveaux moyens, dont la télévision interactive. Avec une télécommande ou un clavier, une personne pourra envoyer un e-mail en regardant sa télé. L'e-stratégie repose également sur un cadre légal. Maurice dispose-t-elle des lois appropriées pour le développement des TIC ? Il me semble que non. La situation de la Mauritius Telecommunications Authority (MTA) le démontre clairement. Un organisme régulateur mis sur pied depuis deux ans ne peut plus répondre à l'appel. Il faut que le président de la MTA soit employé à plein temps. Il faut que cet organisme soit composé de personnes compétentes dans le domaine. Il n'y a pas de mal à employer des étrangers. L'Etat doit intervenir afin de s'assurer que les lois répondent à ses ambitions sinon les sociétés étrangères ne voudront pas investir ici. Et quand on parle d'e-stratégie, il est important d'avoir un bouledogue... toutes dents dehors. Ryan COOPAMAH
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