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The Mauritius Yellow Pages News - Cybercités Ou Zones Franches : Les Vrais Enjeux |
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Mauritius News in French and English |
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| Cybercités Ou Zones Franches : Les Vrais Enjeux | ||||||
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Posted on the web February 28, 2001 |
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February 28, 2001 - Port Louis, Mauritius, Indian Ocean |
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Le but du présent article ne sera pas de polémiquer sur la vraie appellation des cybercités (nom officiel). Son but sera de jauger les vrais enjeux de cette révolution. En effet, la société mauricienne est sur le point de vivre une transformation radicale avec l’avènement des cybercités. Qui sont-elles, que nous apportent-elles, quels sont les enjeux politiques, sociaux et économiques? Sommes-nous prêts? Nous essayerons ensemble d’y voir un peu plus clair. Car le vrai but de ces cybercités est avant tout de créer de l’emploi. Une formule éprouvée On aime ou on n’aime pas. Le gouvernement l'a réussi en l’espace de 4 mois… 18 ans après l’apparition des zones franches textiles, c’est encore une fois le gouvernement mauricien, avec l’appui du secteur privé, qui lance le concept des cybercités. Sous ce nom à l’allure futuriste, se cache un chapelet de bonnes intentions. Déjà, Infosys et Pentafour, deux géants indiens en développement de logiciel et de services associés, ont signifié leur intention de s’implanter à Maurice d’ici un an, tout au plus. D’autres firmes devraient suivre bientôt. Si, dans les zones franches textiles, on produisait des vêtements, il s’agira dans les cybercités de proposer des services à très forte valeur ajoutée — centres d’appels, développement de sites webs et de logiciels, pré-presse, studios numériques, etc. Ceux qui suivent ce dossier savent que cybercités et zones franches informatiques sont des termes interchangeables : la préférence allant au premier pour se démarquer du passé (Zone Franche fait vieillot) et pour la forme. La fiche technique de toute cybercité digne de ce nom inclut (1) Une très forte concentration de matière grise (2) L’accès à une structure de communication évoluée (routes, téléphonie, Internet, etc) (3) Des aménités pour faciliter l’implantation de l’investisseur (4) Une capacité physique à évoluer et la présence d’un vivier d’employés potentiels (5) Une entité pour la prise de décision rapide. Ce cahier des charges ressemble étrangement aux réponses que donnerait un élève de CPE sur la question “What are the main incentives for investment in the textile industry?” Les similitudes ne s’arrêtent pas là. La principale raison qui pousse l’Etat mauricien, c’est la probable montée du chômage si rien n’est fait. Si l’Etat joue gros sur ce secteur, c’est qu’il attend un “Return On Investment” conséquent — 20 000 emplois en l’espace de 5 ans et le développement d’un nouveau pilier économique. Ces données ont été maintes fois mentionnées dans les interviews des différents responsables gouvernementaux, c’est un leitmotiv récurrent et qui passe bien auprès des investisseurs et du grand public. Il va donc sans dire que le pouvoir actuel fera tout pour tenir parole. Or, on ne crée pas de l’emploi en informatique du jour au lendemain. C’est un secret de polichinelle que Maurice a un retard conséquent dans sa stratégie de formation en informatique, les cours de l’Université de Maurice en témoignent (moi de même). Jusqu’à l’année dernière, cette dernière n’offrait qu’un seul cours en informatique. Aussi, il n’est pas surprenant de voir que le principal obstacle de toute implantation étrangère massive est le manque flagrant de cerveaux. Le CEO de Pentasoft ne déclarait-il pas qu’il fallait tout reprendre à zéro, à commencer par investir dans la formation de ses prochains employés? Il est à craindre que tout nouvel investisseur ne se trouve dans pareille situation à l’avenir et cela risque de poser un sérieux problème qui ne se résoudra pas avant plusieurs années. La solution miracle? Par chance, le problème ne se pose pas dans le domaine des “call centres”. En effet, la main-d’oeuvre employée n’a pas besoin d’une formation approfondie. Tout au plus, il leur faut avoir une connaissance rudimentaire de l’outil informatique, sans plus. Dans un récent reportage sur Tracmail du groupe Currimjee, on y voyait plusieurs diplômés de l’Université dont aucun n’avait une licence en informatique. Bref, si le gouvernement compte s’offrir 20 000 emplois en cinq ans, il n’y a pas 36 000 solutions. Les cybercités vont sans doute accueillir les centres d’appels en masse. De toute façon, attirer huit centres d’appels par an ne paraît pas impossible et, dans ce bas monde, il n’existe pas de sot métier et puis, “Beggars are not choosers”. Mais qu’on ne vienne pas qualifier cela d’industrie de l’informatique. A regarder de plus près, on affuble du manteau d’industrie informatique tout ce qui touche aussi de près ou de loin à la communication, mais qui s’en plaindra, du moment que cela crée des emplois rapidement. L’apprenti sociologue que je suis ne connais que trop bien la valeur sociale symbolique accordée au travail. Il y a fort à parier que les cybercités remplaceront les zones franches textiles au fur et à mesure. Ce qui correspond à l’air du temps. Pas d’attentisme please ! Reste à savoir, ce qui a poussé les Indiens à venir s’implanter chez nous. Je concède que notre culture commune ait été un élément déterminant. Mais qu’est-ce qui pousserait un concurrent redoutable à venir investir chez nous? Car nous sommes bien concurrents des Indiens. Ils s’attaquent avec succès aux centres d’appels. Mais c’est avant tout l’aspect économique, le bilinguisme de nos compatriotes, l’accès au marché africain, le dynamisme du secteur privé et, surtout, l’enthousiasme et l’engouement des décideurs politiques qui auront fait pencher la balance de notre côté. Néanmoins, comme ce fut le cas pour les investisseurs hongkongais, je suppose que notre gouvernement leur aura accordé quelque généreuse exonération fiscale. Si tel n’est pas le cas, alors, faites-le maintenant, cela rapportera à long terme. Il faudra impérativement augmenter la cadence et grimper les échelons, sinon l’histoire risque de se répéter. Comme dans le secteur du textile, le danger viendrait du fait que nous nous cantonnions au bas de gamme car, tôt ou tard, la concurrence va arriver. Il nous faut diversifier horizontalement dans plusieurs créneaux simultanément. En somme, trouver de nouveaux marchés et ne pas se fier uniquement à la Grande Péninsule, de toute façon nous n’avons pas l’exclusivité de leur investissement en Afrique subsaharienne. Il est intéressant de voir que le gouvernement a déjà anticipé cela et compte encourager les fabricants de matériel informatique de la trempe de Wipro à venir investir à Maurice. Mettre tous les oeufs dans un seul panier n’est pas la chose à faire en informatique. Faire pousser des cybercités comme de la canne à sucre est une chose, mais il serait futile de prendre des vessies pour des lanternes. Nous ne sommes qu’à nos premiers pas et il serait imprudent d’aller plus vite. Les cybercités sont ces premiers pas. L’informaticien, la composante humaine, doit toujours être au centre de cette superstructure. La définition de l’entité qu’est un(e) informaticien(ne) ne s’arrête pas simplement à un métier technique, à la maintenance de logiciel, de matériel ou à l’écriture d’un programme. La comprendre, la cerner et éventuellement arriver à développer les spécificités de chaque créneau, de chaque segment du marché est le principal défi à relever.
source: http://www.eservices.mu/clients/businessmag/displayNewsContent.asp?NID=157&CID=19 |
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